Lundi 1 juin 2009
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21:30
Aujourd'hui dans mon village natal était enterré un jeune homme de 35 ans. Déjà ma mère, il y a trois jours m'avait prévenu avec sa phrase habituelle : "oh, oui
ca va pas". Dans sa bouche, cela signifie : "il va mourir". Je commence à la connaître (elle, ma mère). Elle ne me téléphone jamais. Sauf pour annoncer un mort dans la famille proche.
Il s'appellait Philippe Penou. Il y a 3 ou 4 ans, une terrible maladie était diagnostiquée. Là bas, lorsque une personne meurt, comme dans toutes les campagnes, les gens s'arrêtent et vont saluer la famille à l'église et au cimetierre. L'église était pleine à craquer comme pour un jour de fête. Dehors, autant de personnes se recueillaient sous un soleil de plomb.
Toute la famille est là bien sur. Les parents, la soeur avec un hommage comme elle sait les faire, la jeune veuve. Mais aussi les voisins, ceux chez qui il avait travaillé lorsqu'il conduisait une moissonneuse batteuse, les amis avec qui il était allé au bal ou en boite de nuit, ceux avec qui il avait travaillé avec son entreprise. Ses amis paysans. Ses amis élus au conseil municipal. Tous ceux qui le connaissaient de près ou de loin, tout ceux qui appréciaient ses parents, tout ceux qui connaissaient sa belle famillle, tous les croyants et les non croyants. Des fleurs, des fleurs ... Le silence et le recueillement déjà à l'extérieur de l'église.
A 10h, déjà plus une seule place assise dans l'église. A 10h30, l'office religieux commence. Et puis c'est le long défilé de toute la commune, de tous ceux des communes avoisinantes qui étaient venus devant le cerceuil, les prêtres et la famille. Enfin la procession à pied jusqu'au cimetierre.
Ma famille a l'habitude d'aller à tous les enterrements de la commune, mais là ce qui frappait, c'était que l'assistance était très jeune. Des hauts parleurs pour la première fois avaient été installés dehors pour suivre la cérémonie. Des voitures longeaient les routes jusqu'à l'entrée du village comme cela ne s'était jamais vu.
La mort est moins taboue qu'en ville. Elle n'est pas cachée. On vit avec. Les mots employés souvent littéralement traduits de l'occitan ne sont pas des mots venant du latin ou des métaphores : on ne dit pas "il est décédé" mais "il est mort". On ne dit pas "les obsèques ont lieu demain à 10h30" mais "On l'enterre demain à 10h30." Pour moi, la terminologie utilisée révèle ici tout son sens. Là bas, les gens n'oublient pas ce qui est important et ne sont pas aspirés par le tourbillon de la ville, du job, de l'actualité ou des médias. Ils sont au plus près de l'essentiel.
Il s'appellait Philippe Penou. Il y a 3 ou 4 ans, une terrible maladie était diagnostiquée. Là bas, lorsque une personne meurt, comme dans toutes les campagnes, les gens s'arrêtent et vont saluer la famille à l'église et au cimetierre. L'église était pleine à craquer comme pour un jour de fête. Dehors, autant de personnes se recueillaient sous un soleil de plomb.
Toute la famille est là bien sur. Les parents, la soeur avec un hommage comme elle sait les faire, la jeune veuve. Mais aussi les voisins, ceux chez qui il avait travaillé lorsqu'il conduisait une moissonneuse batteuse, les amis avec qui il était allé au bal ou en boite de nuit, ceux avec qui il avait travaillé avec son entreprise. Ses amis paysans. Ses amis élus au conseil municipal. Tous ceux qui le connaissaient de près ou de loin, tout ceux qui appréciaient ses parents, tout ceux qui connaissaient sa belle famillle, tous les croyants et les non croyants. Des fleurs, des fleurs ... Le silence et le recueillement déjà à l'extérieur de l'église.
A 10h, déjà plus une seule place assise dans l'église. A 10h30, l'office religieux commence. Et puis c'est le long défilé de toute la commune, de tous ceux des communes avoisinantes qui étaient venus devant le cerceuil, les prêtres et la famille. Enfin la procession à pied jusqu'au cimetierre.
Ma famille a l'habitude d'aller à tous les enterrements de la commune, mais là ce qui frappait, c'était que l'assistance était très jeune. Des hauts parleurs pour la première fois avaient été installés dehors pour suivre la cérémonie. Des voitures longeaient les routes jusqu'à l'entrée du village comme cela ne s'était jamais vu.
La mort est moins taboue qu'en ville. Elle n'est pas cachée. On vit avec. Les mots employés souvent littéralement traduits de l'occitan ne sont pas des mots venant du latin ou des métaphores : on ne dit pas "il est décédé" mais "il est mort". On ne dit pas "les obsèques ont lieu demain à 10h30" mais "On l'enterre demain à 10h30." Pour moi, la terminologie utilisée révèle ici tout son sens. Là bas, les gens n'oublient pas ce qui est important et ne sont pas aspirés par le tourbillon de la ville, du job, de l'actualité ou des médias. Ils sont au plus près de l'essentiel.
