Mémoire familiale

Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /2009 18:51
pour mon grand oncle Jean que la famille a raccompagné hier à sa dernière demeure. Son épouse Sidonie est la petite soeur de mon grand-père.


Par Mart - Publié dans : Mémoire familiale
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /2009 22:28
Ce soir, j'ai appris de nouvelles choses sur la seconde guerre mondiale, mieux compris la stratégie militaire. Je me suis plongée dans les premiers documentaires l'apocalypse de Daniel Costelle, historien et Isabelle Clarke, réalisatrice.

En six épisodes de 52 minutes, Apocalypse raconte la Seconde Guerre mondiale à travers le regard de ceux qui l’ont vécue : autant les soldats sur les champs de bataille ou les civils en fuite que les grands chefs.

Stratégie militaire et témoignages du quotidien se mêlent dans cette série documentaire exceptionnelle, constituée exclusivement d’images d’archives et construite comme une grande fresque cinématographique.

50 % d’images inédites en couleur et en haute définition, un son entièrement retravaillé et la voix de Mathieu Kassovitz : Apocalypse est une plongée vertigineuse au coeur du plus dévastateur des conflits mondiaux.


Cet été, nous a été re-raconté le 6 juin 1944 à la ferme. C'est une date particulière pour la France : celle du débarquement en Normandie. Mais c'est aussi une date dans la mémoire familiale. C'est ce jour là que la grange de mon grand-père a pris forme. La construction s'achevait. Ce levage de la charpente est appelé en occitan la "levade". Un voisin avait entendu parler du débarquement en Normandie à la radio. Mon père aidé de sa tante Sidonie a porté le drapeau tricolore de la maison à la grange. Il était alors âgé de 4 ans : il s'en souvient encore. Et le drapeau a été hissé sur le toit de la grange.

Celui qui nous a raconté cette histoire cet été, c'est Paul. Il fut un jeune homme de 11 ans qui en 1944 avait été envoyé par ses parents de Marseille dans un petit village du Cantal. Ses parents craignaient que les raffineries de pétrole de Marseille soient bombardées suite au débarquement de Provence.

Paul avait été placé chez ma grand-mère. Son frère aîné chez la soeur de mon arrière grand-mère. Ainsi, ils avaient toutes les chances de se voir pendant le séjour. "Le plus dur", disait-il,  "c'était de ne pas savoir s'ils reverraient un jour leurs parents vivants".


                                                                    Leynhac, 14 Août 2009

Lui enfant de la ville allait découvrir le monde de la campagne. Ce qui l'avait frappé dès le premier repas, c'est que les femmes (en l'occurence ma grand-mère et mon arrière grand-mère) ne mangeaient pas avec les hommes à table mais passaient leurs temps à préparer, servir et restaient près du cantou.
Mon arrière grand mère l'impressionnait : elle portait un chapeau noir traversé d'une aiguille à tricoter ! Ainsi le vent ne lui volait pas son chapeau.

Mon père tout jeune ne voyait pas d'un bon oeil ce gars de la ville : en guise de bienvenue, il lui avait jeté un trognon de pomme à la figure.

Le premier soir, ma grand-mère montre sa chambre à Paul, une grande chambre qu'il partageait avec les domestiques. Paul se souvient que lui n'osait pas se déshabiller devant ma grand-mère et elle ne s'en était pas rendue compte. Elle l'a aidé à ôter ses vêtements et a fait comme si c'était son fils.

J'ai hésité à aller chercher le camescope et enregistrer ses souvenirs mais je n'ai pas voulu briser la magie de cet instant.

Paul se souvient de l'émotion de mon grand-père le jour ou il est parti. "C'était un tendre, ton père" disait-il à mon père cet été en racontant ses souvenirs.

Aujourd'hui, c'est une amitié qui dure depuis 65 ans. En effet, Paul a toujours envoyé un mot à ma grand-mère. Lorsqu'elle recevait sa jolie carte de voeux, je me souviens combien elle était heureuse. Depuis une dizaine d'années, il vient chaque été passer trois semaines dans le Cantal.

Par Mart - Publié dans : Mémoire familiale
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Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /2009 20:10
C'était mon grand oncle, le mari de la grande soeur de mon grand père paternel. Jeune, il avait "enlevé" ma grande tante. La majorité était à 21 ans. Trop impatient de vivre avec elle. Sans doute difficile de subir le courroux de mon arrière grand-mère ou de mon grand père l'aîné. Ils étaient partis à la capitale en bons bougnats lui serveur, elle servante.
Ils sont devenus cafetier, restaurateur. L'épi d'Or, c'était leur café. Rue Jean Jacques Rousseau à Paris.

J'y suis revenue avec mon père, il y a une dizaine d'années. Cela s'appelait encore L'épi d'Or. Mon père y a retrouvé les coquelicots peints sur les murs, le bar quasi identique. Ma grande tante m'avait offert un jour comme un trésor un menu de l'époque. Le prix des couverts y était indiqué car ils n'étaient pas comptés dans le service.

Ce grand oncle, je l'aimais beaucoup, toujours discret. Il avait sans doute trop souffert. Pudique. Il avait connu la seconde guerre mondiale alors qu'il était à Paris, faisait des allées et venues en Auvergne. Il avait subi le STO, s'était évadé par 2 fois.

Il aimait pêcher. Parfois, nous le retrouvions près de l'étang et il nous enseignait le silence.

Lorsqu'il est mort d'une "congestion cérébrale" (c'est ainsi qu'à la campagne, on nommait tout accident vasculaire cérébral), mon plus jeune frère à l'annonce officielle de son décès à table, en famille s'est écrié : "Mais alors il ne nous portera plus de fraises !".
Les aînés ne pouvions nous empêcher de sourire avec les larmes aux yeux car il était bel et bien mort. Et les fraises nous parraissaient soudain menus plaisirs.




Par Mart - Publié dans : Mémoire familiale
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