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histoire instantanes d 'une vie

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6 Juin 1944

Ce soir, j'ai appris de nouvelles choses sur la seconde guerre mondiale, mieux compris la stratégie militaire. Je me suis plongée dans les premiers documentaires l'apocalypse de Daniel Costelle, historien et Isabelle Clarke, réalisatrice.

En six épisodes de 52 minutes, Apocalypse raconte la Seconde Guerre mondiale à travers le regard de ceux qui l’ont vécue : autant les soldats sur les champs de bataille ou les civils en fuite que les grands chefs.

Stratégie militaire et témoignages du quotidien se mêlent dans cette série documentaire exceptionnelle, constituée exclusivement d’images d’archives et construite comme une grande fresque cinématographique.

50 % d’images inédites en couleur et en haute définition, un son entièrement retravaillé et la voix de Mathieu Kassovitz : Apocalypse est une plongée vertigineuse au coeur du plus dévastateur des conflits mondiaux.


Cet été, nous a été re-raconté le 6 juin 1944 à la ferme. C'est une date particulière pour la France : celle du débarquement en Normandie. Mais c'est aussi une date dans la mémoire familiale. C'est ce jour là que la grange de mon grand-père a pris forme. La construction s'achevait. Ce levage de la charpente est appelé en occitan la "levade". Un voisin avait entendu parler du débarquement en Normandie à la radio. Mon père aidé de sa tante Sidonie a porté le drapeau tricolore de la maison à la grange. Il était alors âgé de 4 ans : il s'en souvient encore. Et le drapeau a été hissé sur le toit de la grange.

Celui qui nous a raconté cette histoire cet été, c'est Paul. Il fut un jeune homme de 11 ans qui en 1944 avait été envoyé par ses parents de Marseille dans un petit village du Cantal. Ses parents craignaient que les raffineries de pétrole de Marseille soient bombardées suite au débarquement de Provence.

Paul avait été placé chez ma grand-mère. Son frère aîné chez la soeur de mon arrière grand-mère. Ainsi, ils avaient toutes les chances de se voir pendant le séjour. "Le plus dur", disait-il,  "c'était de ne pas savoir s'ils reverraient un jour leurs parents vivants".


                                                                    Leynhac, 14 Août 2009

Lui enfant de la ville allait découvrir le monde de la campagne. Ce qui l'avait frappé dès le premier repas, c'est que les femmes (en l'occurence ma grand-mère et mon arrière grand-mère) ne mangeaient pas avec les hommes à table mais passaient leurs temps à préparer, servir et restaient près du cantou.
Mon arrière grand mère l'impressionnait : elle portait un chapeau noir traversé d'une aiguille à tricoter ! Ainsi le vent ne lui volait pas son chapeau.

Mon père tout jeune ne voyait pas d'un bon oeil ce gars de la ville : en guise de bienvenue, il lui avait jeté un trognon de pomme à la figure.

Le premier soir, ma grand-mère montre sa chambre à Paul, une grande chambre qu'il partageait avec les domestiques. Paul se souvient que lui n'osait pas se déshabiller devant ma grand-mère et elle ne s'en était pas rendue compte. Elle l'a aidé à ôter ses vêtements et a fait comme si c'était son fils.

J'ai hésité à aller chercher le camescope et enregistrer ses souvenirs mais je n'ai pas voulu briser la magie de cet instant.

Paul se souvient de l'émotion de mon grand-père le jour ou il est parti. "C'était un tendre, ton père" disait-il à mon père cet été en racontant ses souvenirs.

Aujourd'hui, c'est une amitié qui dure depuis 65 ans. En effet, Paul a toujours envoyé un mot à ma grand-mère. Lorsqu'elle recevait sa jolie carte de voeux, je me souviens combien elle était heureuse. Depuis une dizaine d'années, il vient chaque été passer trois semaines dans le Cantal.

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